**Jour 1 Bismillah** Mon 5e puits avec Diakité Solidarité, et le premier dans mon propre village natal. Mon père (qu'Allah lui fasse miséricorde, décédé 2014) buvait dans l'ancien puits de 1986 quand il était enfant. Aujourd'hui je participe à creuser celui qui désaltérera mes neveux et nièces. Qu'Allah accepte vos intentions. Ousmane
Description de la cagnotte
Mon père, Sékou, nous a quittés le 28 avril 2026, à 71 ans, après une longue maladie qu'il a portée avec la dignité qui le caractérisait depuis toujours.
Qu'Allah lui fasse miséricorde, lui ouvre les portes du Firdaws et accorde patience et réconfort à tous ceux qui l'ont aimé.
Qui était mon père.
Sékou est arrivé en France en 1979, depuis Kayes, au Mali. Il avait 24 ans, une valise en carton, l'adresse d'un cousin à Aubervilliers, et la conviction tranquille qu'il fallait travailler pour faire vivre les siens ceux ici, ceux restés là-bas.
Pendant 38 ans, il a été ouvrier dans le bâtiment. Il a posé des parpaings et coulé du béton dans des dizaines de chantiers d'Île-de-France, dont certains immeubles que vous croisez peut-être tous les jours sans le savoir. Il rentrait le soir, les mains abîmées, sans jamais se plaindre. Il disait : « Le travail honnête, ça use le corps mais ça honore l'âme. »
À Aubervilliers, dans notre appartement de quatre pièces, il a élevé six enfants avec ma mère. Six enfants qui sont aujourd'hui infirmier, comptable, professeur des écoles, chauffeur de bus, mère au foyer, et étudiant en école d'ingénieur. Aucun de nous n'a fait de prison. Aucun de nous n'a oublié d'où l'on vient. C'était sa fierté silencieuse.
Mon père priait cinq fois par jour, jeûnait chaque Ramadan jusqu'à l'année dernière où la maladie ne le lui a plus permis, et envoyait chaque mois une partie de son salaire à ses frères et sœurs à Diafounou son village natal, à quelques kilomètres de Kayes.
Sa dernière volonté.
Deux mois avant son décès, alors qu'il sentait que ses forces le quittaient, mon père a réuni autour de lui l'imam de notre mosquée, deux de ses oncles, et nous, ses six enfants. Il a dicté sa volonté, qu'il a fait écrire et signer par témoin.
Sa volonté était simple, et claire : être enterré au village, à Diafounou, près de la tombe de sa mère décédée en 2003.
Ma grand-mère, qu'il n'a pas revue les trois dernières années de sa vie à elle parce qu'il travaillait ici pour nous, a été enterrée sans qu'il puisse être présent. Cette absence, il l'a portée 23 ans. Sa seule demande, en partant, c'était de reposer enfin à côté d'elle.
En islam, respecter la dernière volonté d'un défunt est un devoir. Pour nous, ses enfants, c'est plus que cela : c'est la dernière chose que nous pouvons faire pour lui, après tout ce qu'il a fait pour nous.
Pourquoi cette cagnotte, et combien il manque.
Le rapatriement d'un corps de Paris vers Kayes, puis Diafounou, coûte entre 8 500 € et 10 500 € selon les compagnies aériennes et les délais. Voici le détail :
| Poste | Montant estimé |
|---|---|
| Cercueil hermétique réglementaire (obligatoire pour transport aérien international) | 1 800 € |
| Transport sanitaire et formalités funéraires Paris-Bamako (via Royal Air Maroc) | 4 800 € |
| Transport routier Bamako → Kayes → Diafounou (650 km) | 1 200 € |
| Taxes consulaires maliennes et françaises, certificats sanitaires | 600 € |
| Accompagnement religieux, lavage rituel (ghusl), suaire (kafan), inhumation au village | 900 € |
| Frais imprévus (10 % de marge prudentielle) | 900 € |
| Total estimé | 10 200 € |
Nous sommes six enfants. Chacun met ce qu'il peut. Nous avons à nous tous réuni environ 4 500 €. Il nous manque 5 700 €.
Nous pourrions nous endetter sur dix ans pour la différence. Mais ma mère, qui touche une pension de réversion modeste, ne le supporterait pas pas après tout ce qu'elle vient de traverser.
À qui nous demandons.
À la communauté malienne et soninké d'Île-de-France, qui a connu mon père de près ou de loin, dans les chantiers, à la mosquée, aux fêtes du quartier.
À nos frères et sœurs musulmans francophones, pour qui accompagner un défunt vers sa dernière demeure est un acte de sadaqa qui pèse au jour du Jugement.
À toute personne de cœur, croyante ou non, qui comprend ce qu'est le dernier voyage d'un homme qui a passé sa vie loin de chez lui pour nourrir les siens.
Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui soulage un croyant d'une difficulté de ce bas monde, Allah le soulagera d'une difficulté au Jour de la Résurrection. » (Mouslim)
Nos engagements de transparence.
- Justificatifs publiés : devis officiel de l'entreprise de pompes funèbres musulmanes mandatée, factures aériennes Royal Air Maroc, attestations consulaires. Tout sera publié ici, sans exception.
- Photos du retour au pays : nous publierons, avec l'accord de la famille à Diafounou, quelques images du retour de notre père au village et de l'inhumation, pour ceux qui souhaitent voir que leur don a servi.
- Si la cagnotte dépasse l'objectif, le surplus servira, dans cet ordre : (a) prise en charge des frais de séjour de ma mère et de mes deux sœurs cadettes qui souhaitent accompagner le corps au village (environ 2 000 €), (b) sadaqa jariya au nom de mon père : participation à la rénovation de la petite mosquée de Diafounou, dont il a financé personnellement la toiture en 2017. Aucun centime ne servira à autre chose.
- Si la cagnotte n'atteint pas l'objectif, chaque euro reçu sera affecté en priorité au transport du corps. Nous compléterons la différence par un prêt familial, que cette cagnotte vise précisément à éviter.
Un dernier mot.
Ce n'est pas dans nos habitudes de demander. Mon père nous a élevés dans l'idée qu'on se débrouille, qu'on travaille, qu'on ne tend pas la main. Mais aujourd'hui, c'est lui qu'il s'agit d'aider à rentrer chez lui. Et ça, on ne peut pas le faire seuls.
Que vous donniez 5 €, 50 € ou plus, qu'Allah vous le rende au centuple, dans ce monde et dans l'autre. Que vous ne puissiez pas donner mais que vous partagiez cette cagnotte autour de vous, votre partage est lui-même une sadaqa.
Au nom de mes cinq frères et sœurs, et de notre mère, du fond du cœur : merci.
Qu'Allah agrée nos efforts et accorde à notre père la plus belle des demeures.
آمين
Volonté écrite de mon père. Pour lui, reposer auprès de sa mère à Diafounou était essentiel. Nous respectons ce choix.
Pompes funèbres musulmanes Al-Janaza à Bobigny (agréée préfecture). Versement direct sur facture, jamais sur compte personnel.
Le consulat aide pour les démarches administratives (laissez-passer mortuaire) mais ne finance rien. Nous payons tout.
Conservation autorisée jusqu'à 6 jours selon la réglementation française. Nous avons un objectif au 5 mai. Toute aide reçue après part sur les frais déjà engagés.
Deux d'entre nous (moi et ma sœur aînée) accompagnons. Frais de billets non inclus dans la cagnotte, à notre charge.
Tout dépassement sera reversé à l'orphelinat de Kayes que mon père soutenait depuis 2015. Justificatifs publiés.
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13 mai, 2026(mettre à jour il y a 1 semaine)